Actualités
Lancement à Saint-Louis du Projet de Coordination Régionale GEF-8 Grande Muraille Verte Une nouvelle étape pour renforcer la coordination de la Grande Muraille Verte dans le Sahel Saint-Louis accueille, du 28 septembre au 2 octobre 2026, l’atelier de lancement du Projet de Coordination Régionale GEF-8 Grande Muraille Verte. Une rencontre de cinq jours destinée à renforcer la coordination, la coopération et la mise en œuvre des actions de la Grande Muraille Verte à l’échelle régionale. L’atelier s’est ouvert ce lundi 28 septembre à l’Hôtel Sindone de Saint-Louis. Il est organisé par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), en collaboration avec le Secrétariat du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV) et l’Agence Sénégalaise de la Reforestation et de la Grande Muraille Verte (ASERGMV). Une approche régionale pour des investissements à grande échelle Intitulé « Approche transformatrice pour les investissements à grande échelle en appui à la mise en œuvre de la Grande Muraille Verte (TALSIG) », le projet régional intervient à l’issue d’un processus de consultations, d’alignement et de co-construction entre les différents acteurs. Après plusieurs années d’investissements parfois fragmentés, une approche programmatique et paysagère a été développée afin de mieux coordonner les interventions et de renforcer leur impact. Le Document-cadre du Programme régional, préparé et soumis conjointement par le PNUE et la BOAD, a permis l’approbation, entre novembre 2025 et février 2026, des documents complets de neuf projets nationaux, couvrant le Burkina Faso, l’Éthiopie, la Gambie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et le Tchad, ainsi que du projet régional de coordination, pour un montant total d’environ 78 millions de dollars américains. L’atelier de Saint-Louis marque ainsi le passage de la phase de conception à celle de la mise en œuvre. Des objectifs à l’échelle du continent L’Initiative de la Grande Muraille Verte porte une vision à l’horizon 2030 visant notamment à restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées, créer 10 millions d’emplois verts et séquestrer 250 millions de tonnes de CO₂ équivalent, tout en favorisant le développement économique local et le renforcement des capacités des acteurs aux niveaux régional et national. Le Projet régional de coordination doit notamment contribuer à l’amélioration de la gestion de 193 000 hectares d’aires protégées terrestres, à la restauration de 132 900 hectares de terres et d’écosystèmes et à l’amélioration des pratiques de gestion sur 459 560 hectares de paysages. Le projet prévoit également l’atténuation de 275 000 tonnes métriques d’émissions de CO₂. Sur le plan socio-économique, les objectifs annoncés concernent 3 108 960 bénéficiaires directs, dont 53 % de femmes, la création de 1 260 000 emplois verts, la promotion de 275 entreprises locales, le développement de 41 chaînes de valeur, la mise en place de 135 programmes de formation et l’accompagnement de 203 entreprises destinées spécifiquement aux femmes vulnérables. Une attention particulière est également accordée à la communication et à la visibilité du projet, au suivi-évaluation, à la gestion des connaissances et à la prise en compte de la dimension genre. Parmi les temps forts figurent notamment la présentation des rapports d’analyse genre dans l’espace Grande Muraille Verte, réalisés en partenariat avec le Mécanisme mondial de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. Des formations sont également prévues autour de méthodes innovantes de lutte contre la désertification ainsi que sur la formulation de concepts de projets susceptibles de bénéficier de mécanismes de financement liés au carbone et à la biodiversité. Le PNUE : « Une des initiatives les plus ambitieuses au monde » Pour Juan Carlos Vasquez, du Programme des Nations Unies pour l’Environnement à Nairobi, cette initiative doit bénéficier directement aux populations. « Le PNUE est l’autorité mondiale en matière d’environnement. Nous assurons la mise en œuvre de projets dans le Sahel. Huit pays, bientôt neuf, bénéficient de cette initiative qui est l’une des plus ambitieuses au monde. C’est un modèle pour les autres continents. » Il souligne également la diversité du Sahel, présenté comme un espace de rencontre entre territoires, peuples et cultures. Selon lui, les projets doivent répondre aux besoins des États, des autorités locales, des communautés, des femmes et des jeunes, notamment dans les domaines du développement économique, de la conservation de la biodiversité, de la lutte contre le changement climatique et de la restauration des terres.